Offendorf, cité par excellence de la batellerie dans l'est de la France

L'histoire des mariniers d’Offendorf est connue depuis le XVIème siècle. L'activité batelière a évolué de manière significative à partir du XIXème siècle. Les bateliers d’Offendorf sont successivement passés du statut de pêcheurs et passeurs à celui de bateliers navigant sur le Rhin puis à celui de mariniers.


Oeuvrant essentiellement sur les canaux (de la Marne au Rhin et des houillères de la Sarre), avec des bateaux du type Freycinet, péniche automotrice de 38 mètres de long et 5,05 mètres de large, ils constituent le plus grand village de mariniers de l'est de la France en 1960, moment où leur activité atteint son apogée.
Source : Association Hommes et Cours d'Eau
Freycinet: L'écluse standardisée par la Loi Freycinet (1879) d'une forme parallélépipédique, longue de 40 m et large de 5,20 m, devient le gabarit universel des bateaux de canal. Les péniches de l'époque vont tendre à la remplir le plus complètement possible. Ce qui va définir leur morphologie générale ainsi que certains traits de leur architecture: gouvernail repliable, marquise démontable, etc....
Mais avant d'en arriver aux péniches automotrices de ce type, la propulsion des bateaux s'effectuait grâce au courant, la voile, le halage, la traction mécanique à l'aide de locotracteurs électriques puis la vapeur.
Le halage
Le halage se faisait tout d'abord par la force des bras du marinier et de sa famille (halage à la bricole) puis grâce aux boeufs, ânes, mulets et chevaux. Les bêtes appartenaient souvent au marinier et étaient abritées à bord des bateaux, dans une petite écurie placée en général au milieu de pont.


Cette méthode permettait de progresser d'environ une dizaine de kilomètres par jour en amont et d'une trentaine en aval, notamment grâce aux chemins de halage aménagés le long des rivières et des canaux. La santé des animaux était très affectée par la traction oblique qu'exerçaient les câbles sur leurs épaules et leurs jambes et ne pouvaient remplir leur fonction que pendant peu d'années.
La batellerie avec traction animale disparaît progressivement vers le milieu du XIXème siècle à cause de l'amélioration des routes, la concurrence du chemin de fer et l'apparition des bateaux à vapeur.
Cependant, sur les canaux, le halage par traction animale, puis grâce à une locomotive de halage avait encore de beaux jours devant lui. Mais il céda progressivement du terrain face à la montée en puissance des automoteurs. Le bois, matériau de construction des péniches, céda alors la place au fer.
Durant de longues années, les automoteurs assurèrent une grande partie du transport de marchandises très variées (gravier, minerai, charbon, céréales, fer, produits pétroliers, ...) à travers la France et ses pays voisins.
Pourtant, face à la montée en puissance du transport par route, le déclin de la batellerie ne put être évité. Rares sont à l'heure actuelle les péniches naviguant sur nos canaux.